EQUIPE MEDICALE : « SABOU, SABOU »

Nous célébrons cette année le troisième anniversaire du programme médical du Camp d’été de PSE. Son origine découle de la volonté d’offrir une assistance médicale aux moniteurs pendant leur séjour dans les camps. Mais, l’ignorance de certains points sur les sujets médicaux et hygiéniques des enfants a transformé l’objectif de ce programme. Tout en continuant de s’occuper des moniteurs, l’équipe médicale a évolué en un camp éducatif sur l’attitude à adopter pour être en bonne santé. Ce point est devenu une priorité pour cette équipe.

POURQUOI NOUS SOMMES LA

Blanca, la coordinatrice de l’équipe médicale, – volontaire depuis trois ans à PSE-, connaît parfaitement le sens de sa mission ici. Ce camp a été créé au début pour apporter une assistance médicale aux moniteurs – leur santé est une de nos priorités et être à leur cotés est l’essence de la présence de cette équipe- Néanmoins, aussitôt constituée, il y a trois ans, l’équipe médicale réalisera les lacunes dans les connaissances des enfants sur les bases sanitaires – des sujets comme les cycles menstruels, l’hygiène et les drogues- les informer sur ces problèmes est une grande épreuve. « Chacun d’entre nous sommes responsable de sa propre santé. Ainsi, ces enfants doivent connaître leur corps, et le comprendre ; c’est vital qu’ils réalisent ce qui se passe à l’intérieur de leur corps et qu’ils prennent soin d’un des plus beaux cadeaux imaginables : leur santé »

Blanca, coordinatrice de Medical avec son père, Xavier, a organisé des ateliers éducatifs sur la santé pour les garçons et les filles de tous âges.

L’EQUIPE MEDICALE

Deux infirmières, six médecins ou étudiants en médecine et un docteur composent l’équipe médicale. L’assistance sanitaire accordée aux moniteurs- la mission d’origine- nécessite qu’une infirmière soit présente en permanence sur les camps de Sihanoukville ainsi que Siem Reap. Ils sont en contact constant avec le reste de l’équipe, elle même divisée en deux groupes. Pendant la première et la dernière semaine du camp, les deux groupes sont stationnés à Phnom Penh, mais, lors de la deuxième semaine, un d’entre eux voyage jusqu’à Sihanoukville, et, la semaine restante, c’est au tour de Siem Reap, afin d’apporter un soutien aux camps les plus éloignés tout ayant une présence à Phnom Penh. Dans tous les centres, l’assistance pour les moniteurs consistent en premier lieu à soigner des plaies, diagnostiquer et traiter les maladies courantes mais aussi détecter les problèmes plus graves qui nécessitent un passage à l’hôpital pour une consultation plus approfondie.

Xavier, aussi coordinateur de l’équipe médicale, visite CSC de Sensok pour soigner les blessures et les maladies.

« L’intégralité du travail de l’équipe médicale est identique au message de PSE : les enfants le savent et en profitent, qui n’apprécient pas être pomponner et dorloter ? »

S’OCCUPER DE LA SANTE DES ENFANTS : UN DES MESSAGES TRANSMIS PAR PSE

En plus de soigner les moniteurs, l’équipe médicale s’occupent des enfants des différents camps : « Chaque fois que nous arrivons à un camp, » raconte Blanca, « nous sommes aussitôt prévenus par le coordinateur des enfants qui ont besoin de notre attention, mais aussi des enfants qui viennent nous voir quand quelqu’un les a blessés : nous nous connaissons depuis des années et ils nous aiment énormément. » Normalement, l’assistance apporter aux enfants consistent à soigner des plaies ou détecter des problèmes qui nécessitent une visite à l’hôpital : dans aucun cas les enfants reçoivent des antibiotiques.

« Beaucoup des enfants inscrit aux Camps d’été et qui sont aussi des élèves de PSE, sont tellement habitués aux plaies infectées qu’ils ne s’en préoccupent même plus. » dit Blanca. « L’amélioration, quand on prête un minimum d’attention à ses blessures, est spectaculaire. »

« L’unique chose qui peut transformer la vie de ces enfants est une goutte d’affection et un chouha d’informations »

S’occuper de la santé des enfants fait partie d’un des points principaux de l’enseignement de l’association : PSE se résume en quelques mots : se soucier du bien être des enfants, apporter de l’attention à chaque pépite, procurer une assistance pour ceux dans le besoin, et l’équipe médicale prend cette mission très à cœur : en soignant leurs blessures, en les écoutant, en s’occupant d’eux, comme font tous les autres camps de PSE mais avec leur spécificité: l’intégralité du travail de l’équipe médicale est identique au message de PSE : les enfants le savent et en profitent, qui n’apprécient pas être pomponner et dorloter ? »  Nous demande Blanca

Le travail d’EPS consiste à s’occuper des enfants et à les aimer. Et c’est la mission de l’équipe médicale. Les moniteurs aident l’équipe médicale à le rendre possible

LA CROISADE DE L’EQUIPE MEDICALE

Mais le travail le plus important, ce qui remplit de fierté l’Equipe Médicale, le comparant à une croisade, est la lutte pour étendre les connaissances de chacun des enfants concernant leur corps et leur santé individuelle. « L’unique chose qui peut transformer la vie de ces enfants est un goutte d’affection et un chouha d’informations » dit Blanca. Et c’est avec cet objectif en tête qu’ils ont mis en place des ateliers visant des domaines qu’ils considèrent fondamentaux.

« Sabou » devient une mélodie pour les oreilles quand il est prononcé par un enfant, cela prouve qu’il apprend et que notre enseignement n’est pas vain.

« SABOU, SABOU»

La première des ces prestations insiste sur l’hygiène de base, normalement destiné aux plus petits d’entre eux, parsemer de chants et de dances sur l’importance de l’hygiène. Dans ces sessions, les enfants peignent leurs mains et, une fois qu’ils les ont lavées, un sourire se dessine sur leur visage alors qu’ils examinent à l’aide d’une loupe la propreté de leur peau.- « Sabou, sabou » (savon, savon) chantent les enfants à tue tête-

Les enfants peignent leurs mains en jaune avant de les laver. Le but est d’enlever toute la peinture. La saleté est comme la peinture; Il définit dans toutes les lignes à la main et les détails de la peau, comme ces enfants réalisent maintenant tout en regardant à travers cette loupe.

« Parfois, à notre retour dans le camp l’été suivant, un enfants se ruera vers nous en criant « sabou, sabou » dit Julia, une monitrice de l’équipe,  «  Sabou »  devient une mélodie pour les oreilles quand il est prononcé par un enfant, cela prouve qu’il apprend et que notre enseignement n’est pas vain.

« Nous voulons que ces présentations soient plus un dialogue qu’une leçon, entre les docteurs et infirmières et eux, les enfants ; nous aimerions qu’ils ressentent que nous venons de loin, pour leur dire quelque chose d’important, que nous sommes ici pour discuter tous ensemble et dissiper leurs doutes. »

L’équipe médicale a pour objectif principal d’étendre le savoir des enfants sur leurs corps et leur santé. Une fois plus informés, les enfants peuvent mieux prendre soin d’eux-mêmes 

En plus de cette présentation, il y en a une autre, un peu plus poussée sur l’hygiène qui insiste sur l’importance de se laver et de s’occuper de son corps quotidiennement : Chez eux, dans la rue, partout. « Nous devons leur faire comprendre qu’on ne peut et doit pas cuisiner ou dormir à côté de déchets, notre santé dépend principalement sur ces habitudes hygiéniques. » Blanca continue, « Nous savons que changer des habitudes prend du temps, mais nous avançons pas à pas, n’importe quelle information, même minime, peut changer beaucoup de chose. »

TU ES IMPORTANT A MES YEUX

En addition à ces présentations sur l’hygiène – de base et plus avancée- il existe quatre autres sessions : Les maladies infectieuses, les maladies sexuellement transmissibles, les drogues et le cycle menstruel. « Nous essayons d’adapter les enseignements à l’âge des enfants, » explique Blanca, « Mais nous devons prendre en compte que, par exemple, les enfants entre sept et huit ans sont déjà familiers avec certaines drogues, donc c’est un âge approprié pour leur en parler. »

Les filles adolescentes assistent à un atelier sur les périodes et les infections sexuellement transmissibles. Il y avait des rires au début en regardant les images, mais très bientôt leurs visages étaient surpris et ils écoutent attentivement tout.

Des posters avec des dessins ou des photos servent de support visuel pendant les conférences, mais il faut savoir être flexible. « Nous souhaitons éviter que les sessions se transformer en dialogue entre les moniteurs Khmers et les enfants, » continue-t-elle, « Nous voulons que ces prestations soient plus un dialogue qu’une leçon, entre les docteurs et infirmières et eux, les enfants ; nous aimerions qu’ils ressentent que nous venons de loin, pour leur dire quelque chose d’important, que nous sommes ici pour discuter tous ensemble et dissiper leurs doutes. » Et mission accomplie. Blanca nous rapporte que certaines conférences- celle sur le cycle menstruel est destinée à n’être entendu par que les filles, néanmoins, celle sur les maladies sexuellement transmissibles est présentée aux deux sexes mais séparément. – les questions fusent et le dialogue constant. « Leurs lacunes sont nombreuses. » nous dit elle, « des mythes absurdes persistent toujours, ils croient, par exemple, que durant leur cycle menstruel, il faut éviter de manger des mangues, mais leur audace est impressionnante : pendant la conférence, ils osent poser toutes sortes de questions sur des sujets que notre société peut considérer comme tabou, tel que le sexe ou le cycle menstruel. »

« Personne ne dit aux enfants à quel point il est essentiel et nécessaire qu’ils prennent soin de leur corps, que leur bien-être doit être leur priorité. »

LE CHANGEMENT

L’équipe médicale a décidé de se lancer sur un chemin étroit semé d’embûches parce qu’ils travaillent sur des problèmes qui, dans la plupart des cas, n’ont jamais été aborder ici auparavant. « Le Cambodge grandit, » dit Blanca, « et se développe de façon fulgurante, mais cela veut aussi dire qu’une partie des étapes manque : « Personne ne dit aux enfants à quel point il est essentiel et nécessaire qu’ils prennent soin de leur corps, que leur bien-être doit être leur priorité. »

Grace ses connaissances, la nouvelle génération cambodgien sortira son pays de la pénombre et cela débute avec la santé.

La volonté de faire bouger les choses de la part de l’équipe médicale se perçoit de façon spectaculaire pendants les sessions à l’intention des adolescents : la présentation d’aujourd’hui se concentre sur le cycle menstruel, aucun enfant présent dans la salle, uniquement des adolescentes qui écoutent les explications des moniteurs sur ce qui se passe dans leur corps et regardent les photos. Puis posent des centaines de questions.

Un début de changement est en cours.